Recadrage inclusif

En gestation depuis des lustres,la communauté internationale se construit au gré des contingences,avec la tendance marquée d’oscillations périodiques. Au travers de sombres époques, elle est impactée par la traite négrière,la colonisation,les conflits mondiaux, les déclarations d’indépendance,l’Apartheid , la guerre froide, le Vent d’Est et le terrorisme, entre autres. L’Afrique qui en est une composante parmi d’autres, est l’objet de la fluctuation des cours mondiaux de ses ressources exportées. La communauté internationale dont la structuration est en butte aux contrariétés, se modélise au fil du temps. Œuvrant de solidarité inter-étatique et au sein des parties socio-économiques des différents peuples de la planète, la lutte  commune contre le dérèglement climatique en est une illustration au 21ème siècle. L’adoption des valeurs universelles concourt à jeter aux oubliettes l’insécurité, les atteintes aux droits humains, à promouvoir l’épanouissement matériel et moral de la personne humaine.

Avant la Chute du Mur de Berlin, survenait fréquemment un putsch frisant la brutalité envers les populations,la privation de droits et des libertés dans un pays africain. Sur plusieurs plans est prônée dans le sillage du Vent d’Est, la rupture avec les méthodes gouvernementales contre-productives qui avaient généralement cours sur le continent. La relance économique appelle aux investisseurs étrangers,à l’afflux des capitaux, à la modernisation du matériel productif.Une partie de l’économie a été l’objet de privatisation.Nombre de structures scolaires, sanitaires et socio-économiques ont été réhabilitées, parallèlement à la réalisation de grands travaux. La fin de la guerre froide a, dans une mesure, ouvert la voie vers l’assainissement et la réorientation des états.L’élargissement du contexte socio-politique déboucha sur le multipartisme,la pluralité médiatique,syndicale et l’émergence de société civile. Les citoyens prennent des responsabilités qu’ils estiment leur revenant d’office.A l’aide des réseaux sociaux,ils sont mobilisés dans les meilleurs délais pour défendre leur cause. L’usage des NTIC, dont le téléphone mobile et Internet,contribuent en outre au changement des attitudes. Le bannissement de l’impunité, de l’opacité dans la gestion des deniers publics et la lutte contre la corruption, sont le credo de l’élite nationale dans le cadre d’état de droit. Cependant,sous le prétexte biaisé de rendre justice,un opposant d’aventure culpabilisé,serait rendu inéligible dans la perspective d’imminentes élections.A défaut de coup d’état productible dans un contexte démocratique,subsiste la dérive judiciaire.Une loi fondamentale taillée sur mesure ,substituerait celle élaborée sous la pression de la donne post-guerre froide.Néanmoins, une renaissance relative est perceptible par la mise en contribution de la justice au sein d’une nation africaine.Celle-ci, par-ailleurs associée à d’autres pays par l’entremise d’ensembles géographiques, sous-régionaux, régionaux,culturels, sécuritaires,économiques, monétaires, à l’échelle continentale et intercontinentale, est située dans la logique de participer  chaque fois à donner un visage remodelé de la communauté internationale.

           
                                                 Depuis qu’elle fut l’objet de partage entre puissances conquérantes sous l’autorité de Bismarck, l’Afrique est illustrée par des remises à plat circonstancielles. La colonisation sévissant, préluda aux déclarations d’indépendance en cascade dans le contexte de guerre froide entre blocs antagonistes. Après la Chute du Mur de Berlin, la démocratisation sur le continent, dans l’optique libérale, est suivie de conflits menés par des acteurs d’obédiences variées.L’accaparement de sites en vue de l’exploitation de leurs richesses, le narco-trafic transfrontalier sur de vastes territoires, la violation des droits humains et la destruction des biens de communautés vivant massivement dans la précarité,entre autres, sont entretenus par de groupes armés prônant d’alternative idéologique ou une religiosité agressive.Cette attitude contraignante est opérée dans un cadre informel dissemblable à celui d’une colonisation de l’époque révolue.La balkanisation du continent africain, le Rideau de fer et le Vent d’Est sont apparus des remises à plat successives de circonstances qui entraînent des métastases géopolitiques. L’ordre établi rempli d’insuffisances, au regard des réalités apparues en un temps décisif,serait sous la pression des velléités d’expansion, dans la diversité géopolitique.La capitale allemande aura symbolisé à trois reprises les changements du rapport des forces entre puissances sur l’échiquier mondial.
Depuis la fin du second conflit mondial,les grandes puissances créaient dans une mesure les conditions qui ne conduiraient pas à une guerre dévastatrice planétaire.Elles prônaient une vision universaliste, avec l’appui de lanceurs d’alerte sur les dangers qui menacent la personne humaine, la paix, la préservation de la nature ou entraveraient le développement socio-économique au sein de la Communauté internationale.

Ouverte au monde, l’Afrique fait l’objet d’évolution cadrant avec ses disponibilités culturelles, économiques, et socio-politiques.Considérée à la fois le plus pauvre et le plus riche des continents, elle se réforme par à-coups, se reconstruit progressivement par paliers, sans se départir de la globalisation inclusive.

Le théâtre ivoirien a donné lieu au surgissement de deux personnages emblématiques pour créer l’évènement, par effet de surprise qui accompagne le lancement d’une monnaie: L’un, président français,parrain potentiel de réforme éventuelle du franc CFA utilisé par quatorze pays africains; seules la Guinée-Bissau lusophone et la Guinée-équatoriale hispanophone,ne sont pas francophones, en dépit de leur proximité avec les autres membres de la zone CFA; l’autre, celui de Côte-d’ivoire, ancien gouverneur de la Banque centrale des états d’Afrique de l’ouest, et ex- Directeur-adjoint du FMI qui recommandait ,avec le concours de la Banque mondiale, l’application des programmes d’ajustement structurel dans plusieurs états africains. L’année 2019 finissante fut ponctuée de l’annonce du remplacement du franc CFA par l’Eco. La première monnaie créée en 1945, représente un vestige de l’empire colonial français en Afrique. La seconde préconisée, serait dépouillée d’une appellation refoulée aux calendes grecques, de la réserve monétaire qui garantit la valeur accordée au franc CFA, par l’entremise du trésor de l’ancienne métropole, et des compétences décisionnelles relevant du personnel français qui encadre le système financier concerné. Supprimer cet aménagement mènerait à envisager un statut du nouveau moyen de paiement en perspective. Cette communication survient consécutivement à la remise en cause réclamée de la monnaie commune à plusieurs états d’Afrique centrale et de l’ouest; elle succède aussi au scepticisme affiché par l’opinion locale sur la crédibilité du maintien des troupes françaises dans les pays du Sahel où la lutte contre le terrorisme pendant plusieurs années, n’a pas produit les résultats escomptés dans le court terme.

L’Afrique regorge de ressources naturelles convoitées par les puissances industrielles. Ces dernières en importent davantage qu’elles ne vendent des produits manufacturés aux pays africains. Une monnaie faible favoriserait les exportations de ceux-ci; renchérie, ces derniers achèteraient moins de l’extérieur. La balance commerciale déséquilibrée entretenue dans ce contexte, accroit l’endettement et entrave le développement de ceux-là. L’approvisionnement en matières premières est assuré dans l’optique libérale par les principaux acteurs des échanges à l’échelle planétaire. A défaut de la transformation sur-place de leurs produits bruts, les fournisseurs vendraient aux meilleurs prix dans la perspective de poser les actes de développement et d’améliorer les conditions de vie des populations concernées. A la faveur d’un contexte social,la réduction des inégalités donnerait un visage plus « humain » au libéralisme qui freinerait alors la détérioration des termes de l’échange. Nécessité économique oblige, la valeur accordée au moyen de paiement résulterait de la volonté politique des intéressés. La création de l’Eco relève d’une programmation antérieure inspirée par les états de la Cedeao. Cette organisation régionale regroupe aussi les pays anglophones et la Guinée-Conakry,utilisant chacun sa propre monnaie.

La mise en circulation de l’Eco symboliserait la souveraineté de l’ensemble des membres d’Afrique de l’ouest, en dépit des clivages historiques.Elle s’appuierait sur un régime de change flexible, l’existence de Banque centrale fédérale, du respect des critères de convergence, notamment le déficit budgétaire inférieur à 3% du PIB,l’inflation annuelle à moins de 10%; ce qui équivaudrait à trois mois d’importations en réserve de change, et un strict encadrement du financement des états par la future banque centrale. Paradoxalement, la partie centrale du continent de la zone CFA n’est pas ,à priori, associée à la monnaie projetée par les états de l’Uemoa. La dualité de l’Eco sur la table est perceptible à deux niveaux monétaires géo-stratégiques distincts. D’une part, le moyen de paiement est envisagé partiellement dans le pré-carré français; de l’autre, il circulerait au sein de la Cedeao, tous précédents coloniaux confondus.

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