Jaillissement dans l’espace

Les Soudanites entament l’envolée dans le grand air, à des années lumière de leur lieu de départ. Accourus de toutes parts, dans le sauve-qui-peut harassant, ils se retrouvent, hagards, telle une génération spontanée, sur un no man’s land. A peine ont-ils échappé à ce qui serait la frappe d’une gigantesque main invisible dans la fourmilière où ils s’étaient rassemblés, qu’ils occupent un nouvel espace. L’exploitation à outrance des ressources naturelles de leur milieu de départ, les a amenés à avoir des conduites extraordinaires.Croyant se passer d’attributs dans un cérémonial coutumier, ils ont substitué l’essentiel dans les œuvres traditionnelles par des colifichets, en prétextant de leur modernité et de la conjoncture.Les noix de cola ne figuraient plus dans l’offrande faite à la mémoire des Anciens. N’étant pas en odeur de sainteté, les fugitifs ont été disqualifiés pour revendiquer l’onction des ancêtres dans leur manière-d’être.Dans une mesure rattrapés par le passé, leur dérive a provoqué la sanction des cieux.L’opportunité leur serait offerte de faire table rase des causes de leur fuite en avant, par la conversion des règles d’existence sur leur point de chute virtuel à la suite de leur envolée. A des années lumière de leur lieu d’émigration, les Soudanites sont dans l’oubli du passé. Dans la panique et la cohue, ces derniers croyant avoir tout laissé derrière eux, ont trouvé un refuge inespéré pour mener autre cycle d’existence.Leur déguerpissement à la vitesse d’un feu de paille, les a conduits vers une destinée qui ne relèverait pas de la seule fatalité. La part de responsabilité qui leur incombe dans cette aventure d’outre-ciel, recèle la réminiscence des faits produits dans la galaxie lointaine évacuée. Les souvenirs resurgis par intermittence du subconscient individuel, restaurent virtuellement un contexte environnemental, l’écheveau de genres, le replâtrage circonstanciel et l’extrémisme politico-religieux global, d’où résulte le jaillissement collectif des Soudanites dans l’espace. La perpétuation de ceux-ci reflète le renouement avec les actes qui engendrent la migration massive inopinée vers d’autres cieux.La distance qui séparerait l’endroit où ils évoluaient et celui sur lequel est désormais fondé leur espoir de reconstruire une existence, reflète l’ampleur de mobilité des individus dans l’espace à des moments donnés.Adopter un mode de vie convenable dans le milieu hospitalier est l’œuvre prioritaire;apprendre et acquérir le savoir n’indique pas que le temps est nécessairement compté pour cumuler des connaissances viables, constituer la culture qui identifierait l’individu dans sa manière- d’être.Celle-ci est une construction de longue haleine, reflétant un schéma évolutif, historique et transmissible aux générations.En migrants, les Soudanites traînent le boulet d’un passé qui leur colle à la peau.Ils ne sauraient néanmoins se dédouaner de cumuler davantage de savoir, en faisant le choix de continuer d’exister, sous peine de périr par une imminente catastrophe incontrôlable.Ils sont aveugles devant le distinguo entre le vécu sur terre et l’existence virtuelle à travers monts et merveilles en Soudanie.Les habitants de cette contrée se targuent de paraître sur une face de la même pièce qui porterait à l’envers d’autres individus de la planète partagée.Leur milieu s’intégrant dans un macrocosme aux multiples facettes,est perçu dans le prisme de la nature,d’une communauté de démocratie,d’innovation et de la globalisation.