L’envolée accomplie

Cop21 constituant une sonnette d’alarme sur le changement climatique, miroite des résolutions qui feraient office de contraintes vis-à-vis des décideurs de la planète .Le Soudanite représente l’être dont la survie est liée à l’extraordinaire situation qui survient dans son environnement. Cependant, la Conférence de Paris semble déjà un lointain souvenir, à cause de l’important désengagement américain annoncé deux ans plus tard,des tentatives pour sauver l’humanité.
L’homme de Soudanie a le choix de se résigner,en cédant au rouleau compresseur de la fatalité,ou de s’évader vers un autre univers.Plutôt que de plonger dans un trou noir traduisant son anéantissement, le Soudanite opte pour son salut dans l’évasion, à un moment décisif de son existence pour paraître pragmatique. Il est la figure emblématique du romanesque qui serait une facette de l’existence.Dangerosité du dérèglement environnemental frappant à la porte, la lucidité et le courage propulsent les individus à se déterminer face à l’irrationalité d’encombrants personnages aussi puissants soient-ils.
Leur envolée accomplie sur un tableau, les Soudanites mènent une existence sous d’autres cieux. Personnages changeants, susceptibles d’être réincarnés dans d’autres espèces,ils perpétuent les faits et gestes qui leur incombent au sein d’un environnement nullement tributaire du dérèglement climatique. Les habitants de Soudanie ont adopté la démocratie parmi des valeurs et autres mécanismes de gestion introduits dans leur nation formalisée,suite à la pénétration des colonisateurs. Par son émanation de la Grèce antique, la démocratie résonne comme « le pouvoir du peuple, par le peuple et pour le peuple ». Elle gagne les collectivités rustiques, celles livrées à l’urbanisation effrénée, industrialisées, et acquises à la globalisation.Au-delà des frontières supposées, les individus accédant aux mêmes informations grâce à la nouvelle technologie,progressent vers un destin commun; par le biais des réseaux sociaux, est mise en place une chaîne humaine qui amplifie la donne démocratique auprès des différentes populations.Depuis sa délocalisation, la démocratie fait tâche d’huile sur la planète.Adoptée, entre autres, dans le monde anglo-saxon, celui des pays nordiques,latins, au Japon, en Australie, au Brésil ou en Inde, sous des caractéristiques dissemblables, elle cadre avec l’entité fédérale, unitaire, monarchique,républicaine, à l’appui du suffrage universel direct ou indirect. Inchangée dans ses fondamentaux, la démocratie s’avère décalée dans le temps,suivant les interprétations idéologiques, les modes opératoires variés, concourant à la solidité institutionnelle, l’équilibre des pouvoirs, la légitimité,le travail, et le partage des richesses créées.
Les pays évoluant généralement dans le libéralisme, miroitent l’expression des libertés, la satisfaction possible des besoins essentiels, et la réduction inexorable des inégalités socio-économiques. Cependant, dans plusieurs états sont mis à jour les actes frauduleux et la corruption des dirigeants; cette tendance entraînerait la fragilisation des institutions nationales et l’accentuation de l’écart entre les classes privilégiées et les couches massives vivant dans la précarité. Par-ailleurs,dans leur manière-d’être, les Soudanites intègrent une spiritualité activée sur trois axes respectifs:l’animisme,un legs ancestral du terroir; le monothéisme insufflé par d’étrangers venus respectivement d’au-delà des mers;la religion embrassée et associée aux pesanteurs culturelles locales par les autochtones.
La conduite des affaires étatiques s’est illustrée par la variété d’images qu’offraient d’eux-mêmes les dirigeants soudanites. A défaut d’être déclarés présidents à vie, ils sont décédés dans l’exercice de leurs fonctions,assassinés,destitués,incarcérés,ou renoncent à leurs charges en plein mandat.Certains ont œuvré dans le discernement,la persuasion,la tolérance,et ont joui de la réputation de sages ou de légende vivante.D’autres,putschistes ou non, sont apparus grotesques, pervers, et sanguinaires;ils incarnèrent l’autoritarisme, la gabegie,et la corruption. Gandjiboro changeait de premier ministre à répétition, généralement après son réveil d’un sommeil profond dans la journée.Il fut détrône par l’ultime chef de gouvernement qui était sous ses ordres. Ce dernier utilisa un bulletin de santé évoquant la sénilité du monarque autoproclamé pour justifier l’activation de l’article constitutionnel le disqualifiant sur- le- champ.Gandjiboro avait supprimé la république qu’il remplaça par un empire qui s’effondra à court terme dans la bouffonnerie et le drame qui caractérisaient son règne.Périodiquement, était organisé par la cour un défilé de jeunes pucelles presque dénudées; le monarque en choisissait quelques unes pour convoler à de nouvelles noces. N’ayant pas de perspective d’alternance dans le mode gouvernemental, les opposants déclarés lui étaient livrés pour alimenter des crocodiles qu’il entretenait religieusement dans l’arrière-cour du palais. Gandjiboro croyait étancher la soif de sang des fétiches auxquels il répondait par des pratiques tragi-comiques.
Nombre de régimes en Soudanie devaient leur survie par la protection d’un parrain extérieur puissant dont le partenaire soudanite préservait sur son sol les intérêts.Ils ont évolué dans le sillage de la rivalité des blocs opposés qui influent sur les rapports inter-étatiques.En intégrant le réseau approprié incluant des cadres, militaires,diplomates,agents secrets, hommes politiques,et dirigeants d’entreprises, la partie de Soudanie serait en communion avec une « famille recomposée ». La saga des Soudanites est déjà un lointain souvenir que relaterait le conteur devant les individus en mal de rêvasser outre mesure à des années lumière du théâtre des scènes hors du système solaire. Renouvelée sous d’autres cieux,elle se situerait cette fois dans un environnement exempt de pollution, de gaz à effet de serre,où la consommation est opérée par la mise en œuvre d’énergie propre. L’espace d’accueil de la communauté soudanite affiche une température ambiante d’un degré Celsius. Il n’a pas été l’objet d’investissement préalable de milliards de dollars par les principaux pollueurs nantis de la terre, pour contrebalancer le danger du réchauffement climatique. Le nouvel endroit résiste aux retombées d’exploitation abusive des ressources naturelles; l’utilisation d’intrants chimiques dans les cultures n’y étant pas nécessaire, cet écosystème s’avère favorable à la production agroforestière. La noix de cola produite, dont la commercialisation sur une vaste étendue de Soudanie procure des conditions de vie viables à des milliers de familles, recèle des vertus thérapeutiques. Ce fruit agroforestier compte le plus dans les composants d’une offrande, pour célébrer un mariage,ou privilégier une cérémonie coutumière particulière. La production continue de la noix de cola,éloigne la perspective des menaces qui amèneraient les Soudanites à redouter le dérèglement environnemental.L’irrémédiable dégradation écologique fait disparaître la noix de cola, en sous-estimant des commodités traditionnelles.Elle a été perçue au plan de retour du bâton ou de la malédiction du ciel sur les prédateurs des ressources environnementales. Les Soudanites ont le choix d’assumer sur-place la responsabilité qui leur incombe par le fatalisme ou leur fuite en avant dans le cosmos,pour ne pas prêter le flanc à l’imminente inhospitalité du milieu.
Aspirant à une meilleure représentativité régionale et des populations au sein des structures étatiques, les citoyens voudraient que l’Administration centrale assure la protection des personnes et des biens,l’enseignement, la santé publique,l’entretien des routes et des ponts.Tatonan dans la contrée des Crevettes et Charlator dans celle des Minerais,tous deux promus pionniers de la démocratie au grand désarroi des dictateurs en place depuis des décennies aux commandes des états,ont manifesté des états d’âme;ils menacèrent d’entraîner leurs partisans au boycott des intérêts étrangers, avant que soit levé le malentendu supposé avec les inspirateurs extérieurs de la démocratie dans leur pays respectif. En Soudanie australe,la propension démocratique a cambré la minorité extrémiste qui voulait s’offrir un « volkstaadt » par la violence; Gandjiboro,pour sa part,menaça d’en découdre par la guerre civile si des accommodements n’étaient pas envisagés en faveur de son fief présumé.La démocratisation en Soudanie garantirait les droits civiques et politiques contre la tyrannie d’un clan; elle serait confortée par des élections « libres et loyales ». La loyauté s’entend prioritairement envers la famille, le clan, le groupe ethnique;elle s’appliquerait ou non à l’endroit de la nation dans les circonstances majeures. Le vote est un moyen de prendre les décisions collectives au sein de la société intrinsèquement hétérogène en voie d’être homogénéisée.
Suivant l’universalité et la diversité des peuples attelées à la mondialisation, certaines organisations traditionnelles soudanites sortiraient de l’ornière. Les conseils des Anciens,les castes comprenant,entre autres,griots,chasseurs traditionnels et tradithérapeutes,s’adapteraient aux conditions novatrices.La famille élargie,en dépit des symboles tangibles de séparation,comme les drapeaux et les monnaies respectifs,subsiste de part et d’autre des frontières héritées des colonisateurs; des survivances ancestrales emboîteraient la mouvance démocratique dans les perspectives de progrès socio-économiques.Les populations aspiraient à être délivrées des dictatures,sous le prétexte que les pratiques entravant jusqu’alors les libertés essentielles et l’effort du développement,seraient reléguées aux calendes grecques.L’amélioration de leurs conditions de vie s’entend par égalité,justice,sécurité et redistribution des richesses créées.Un seuil démocratique dont jouirait la collectivité,relève du rapport des forces en présence.La communauté qui aspire à bénéficier de meilleures conditions de vie, établit le lien de légitimation avec l’action gouvernementale.Cette procédure focalisée sur l’alternance novatrice,conduit à terme à la relégation des « dinosaures » affichés dans l’immobilisme. La démocratie revendiquée dans l’euphorie du Vent d’Est,serait quelque part,un saut dans l’inconnu par les populations délivrées de la férule dictatoriale.Tandis que la corruption gangrenait la société, le chômage sévissait, les contrariétés socio-économiques faisaient le lit du recrutement de jeunes désœuvrés qui s’orienteraient dans le terrorisme et la criminalité transfrontalière.Les traités conclus prônant des enquêtes,les mises en accusation et les condamnations,indiquaient les marques du leadership étranger.La procédure relative aux « biens mal acquis », par exemple, reflétait essentiellement l’œuvre d’O.N.G. et de sociétés civiles. Les dérives menant , entre autres,aux catastrophes humanitaires, ont conduit à la confusion des genres; des pesanteurs sociopolitiques ne font pas toujours bon ménage avec la nécessité de rendre justice. Celle-ci focalisée en Soudanie, donna aux autorités locales le sentiment d’être particulièrement les cibles de justice sélective qui les incriminerait. Les puissances servant de modèles démocratiques,n’ont pas souscrit à l’obligation de permettre des poursuites à l’encontre de leurs ressortissants dans le cadre d’un tribunal international.Par-ailleurs,des nostalgiques d’une époque révolue, voudraient remettre sur la table un système supposé tombé en désuétude ;ils souhaiteraient que réparation soit faite aux populations victimes de la traite et de colonisation outrancière,sans être en mesure d’évaluer avec exactitude les dommages causés à d’ancêtres lointains dans le temps. Suivant un jaillissement dans l’espace, l’envolée accomplie, les Soudanites s’acclimateraient dans leur nouveau milieu d’accueil; ils intégreraient à divers niveaux des recettes de la globalisation pour prospérer en la démocratie.